“The crisis takes a much longer time coming than you think, and then it happens much faster than you would have thought.” - Rudiger Dornbusch, MIT Economist
baisse massive de la valeur des actifs
La bourse a perdu près de 25% de sa capitalisation depuis le début de l'année. Ce qui veut dire que les personnes y ayant déposé leurs économies ont perdu, peu ou prou, le même pourcentage! Pourtant, tout le monde l'attendait, cette crise. A lire les cycles économiques, on savait qu'elle devait nous parvenir, d'autant plus que la bulle immobilière aux USA dépassait en valorisation celle des actifs boursiers de1929!
A cette perte boursière, ajoutez la crise immobilière : on prévoit cette année des baisses de valeur des biens immobiliers (en France) de l'ordre de 20 %, y compris à Paris! Alors si vous aviez vos économies à la bourse et étiez propriétaire de votre logement, vous devez faire grise mine. D'ailleurs, signe des temps, plus de 8500 faillites d'entreprises du bâtiment ont été constatées sur le premier semestre 2008. L'année prochaine, je parierai fort qu'on atteindra les 40 000 suppressions comme en Espagne.
Et puis tous ces propriétaires, endettés sur trente ans, vont trainer le poids de leur dette une bonne partie de leur vie. Aux meilleurs taux d'emprunt de ces dernières années, ils vont payer leur maison deux fois environ sur cette période. Or, le prix de leur bien va chuter d'ici à 5 ans d'environ 50%. Ils vont donc payer 4 fois leur bien ? Je vois d'ici leur humeur face à leur banquier, gentil conseilleur...
J'en ajoute une couche ?
Parlons du pétrole alors. Tout le monde a intégré que stocks sont limités. Des savonaroles des temps modernes parlent de 10 ans, les experts de 40 ans. Si on fait confiance aux experts comme on peut leur faire confiance en matière de finance... j'aurais tendance à croire Savonarole. Le chauffage, le carburant, mais aussi une quantité inmesurable de produits (presque tous en fait), vont augmenter de prix dans des proportions qu'on n'imagine même pas!
Alors évidemment, il faut s'attendre à un effet richesse certain. Ce que les français ont déjà intégré depuis longtemps. Quand on nous dit qu'il existe un problème de pouvoir d'achat, il ne s'agit que de cela. Les français ont l'impression d'être moins riches aujourd'hui et savent qu'ils le seront encore moins dans le futur.
Vous souhaitez une autre couche ?
On y va! Si les prix augmentent, alors bienvenue l'inflation! Inflation qui profite aux revenus qui sont proportionnels à l'activité économique, c'est à dire aux chefs d'entreprises en général, qui, eux, peuvent répercuter les hausses de prix.
D'accord, on n'aura plus de chômage (merci la courbe de Philips pour ceux qui connaissent) mais tous ceux qui disposent de revenus fixes - les fonctionnaires et les retraités - vont voir leur pouvoir d'achat diminuer encore plus. Parce qu'on ne les augmentera pas pour éviter la spirale inflationniste prix-salaires.
Quand on sait que dans l'avenir deux français sur 3 seront retraités ou fonctionnaire, autant dire qu'on n'a pas fini d'essayer de lutter contre la paupérisation des Français... Seul point positif, si l'inflation revient, les particuliers paieront en monnaie de singe leur bien, et là ils pourront peut être payer leur maison moins cher qu'ils ne l'auront achetée!
On continue ou on arrête ?
... suite au prochain billet!